Si
vous glissez dans l'en bas, le monde où vous habitez disparaît, les ennemis et
compagnons se dissolvent dans la nuit.
Et
l'on ne revient pas.
Seul
espoir – au-delà de tout espoir : traverser.
Car
c'est ici la mort de toute sagesse, de toutes les sagesses et cultures et
traditions du monde. Toutes, elles ne parlent que pour ceux d'en haut, ceux qui
montent, ceux qui aspirent, ceux qui savent – et leur non-savoir lui-même est
la suprême science.
Ils
sont nobles. Les sages, les saints, les héros, les penseurs, les créateurs, les
hommes de bonne volonté. Toute leur humilité, toute leur modestie n'y change
rien. Même s'ils disent, pieusement, qu'au contraire ils descendent, qu'ils
sont de plus en plus pauvres, démunis, déliés de tout avoir et de tout savoir,
allons, allons, ils sont tout de même sur la bonne voie, ils sont tout de même
du bon côté.
Mais
l'en bas est déchéance. L'être humain réduit là se connaît méprisable, défait,
hors chemin, maudit.
Il
est dans l'inavouable.
Il
est dans une des cases maudites : la folie, la décrépitude, le crime, l'échec
(le grand, la vie ratée), le mensonge. Même si l'on a pitié de lui, c'est une
pitié armée et défensive ; il ne s'agit pas de glisser en bas – là où il vit.